Contes d’amour et de paix

09 Juin 2021

Bêh Ouattara

Extrait du chapitre « Les colombes du cœur »

« As-tu déjà vu un nid fermé ? Non. Un nid reste toujours ouvert. Alors pourquoi veux-tu que le nôtre soit fermé ? En effet, le nid est fermé si notre cœur n’est pas ouvert. Ainsi, les colombes restent emprisonnées dans notre cœur. Elles souffrent. Elles pleurent. Et nous ne voulons pas les entendre. Les colombes n’existent réellement que lorsqu’elles sont libérées et qu’elles volent dans le ciel, pareilles à l’eau du robinet qui ne coule que si celui-ci est ouvert. Tant que le robinet est fermé, il n’y a pas d’eau. Et dès qu’il est ouvert, l’eau coule en abondance. »

Le vieil homme dit encore à l’enfant : « Ouvre ton cœur ».

Et, comme une rose non épanouie, elle entendit un bruit dans son cœur ; c’étaient les pétales qui bougeaient, qui voulaient s’ouvrir au jour ; c’étaient les colombes qui voulaient s’envoler.

Et, comme une rose à demi-épanouie, elle ouvrit un peu son cœur. Une colombe s’envola, puis deux, puis trois.

Et, comme une rose épanouie, elle ouvrit son cœur. Quatre colombes s’envolèrent, puis cinq, puis six, puis sept… Puis beaucoup de colombes. Elle ne pouvait plus les compter. Des colombes, des colombes, des colombes d’une blancheur solaire, des colombes d’une beauté angélique, des colombes au plumage divin. Et dire qu’elle les avait tenues emprisonnées ! »